L’effet tambour, de la salle des fêtes à votre logement

L’isolation acoustique, complexe ? Démontons les quatre principes fondamentaux ! – Part III

L’effet tambour, de la salle des fêtes à votre logement

Nous passons aujourd’hui la moitié du parcours nous permettant de mieux appréhender les principes fondamentaux régissant l’isolation acoustique.  Cette étape sera consacrée à l’effet tambour.

Ce principe fondamental de l’isolation acoustique porte un nom assez…parlant !

Vous vous êtes sûrement déjà retrouvé entre amis dans une petite salle de fête à refaire le monde.  A quelques pas de vous, un garage band local entre en scène : un chanteur, une guitariste, un bassiste et un batteur.

Le show démarre avec une première chanson.  Le son est très moyen, vous n’entendez pas très bien la guitare et le chant est couvert par un jeu de batterie assommant.  Pas grave, les musiciens terminent leur premier titre, le chanteur interpelle la sono pour le réglage voix et le guitariste peaufine ses réglages à son ampli.  Pendant que le chanteur distrait son public, vous voyez le batteur s’affairer à sa grosse caisse et lui glisser une couverture.  Rapidement, le show reprend avec un son beaucoup plus supportable, donnant au groupe une toute autre allure !

Si vous vous retrouvez dans ce type de récit, vous avez vécu en LIVE un des premiers trucs pour lutter contre l’effet tambour !  Félicitations !! 🙂

Décortiquons le phénomène physique provoqué par notre batteur.  Lorsqu’il actionne le pied de la grosse caisse,  celui-ci percute la peau de la grosse caisse, fait vibrer sa peau et propage un son.

Ce son est une vibration qui, dans la grosse caisse, est envoyée vers la deuxième peau.  Si vous mettiez votre main sur cette deuxième membrane au moment de la frappe, vous ressentiriez un impact similaire à celui créé par la pédale sur la première peau.

Cette vibration rebondit donc sur la deuxième peau et crée une résonnance (effet « ping pong » entre les membranes), amplifiant le bruit généré par la pédale de la grosse caisse sur la première membrane.

Afin d’éviter ce phénomène, notre batteur a disposé une couverture dans la grosse caisse.  Cet élément mou déstructure les vibrations en absorbant une partie de celles-ci.  Il empêche ainsi l’effet tambour amplifiant le son.

Dans vos travaux d’isolation acoustique, vous serez aussi confronté à ce phénomène qui est notamment conséquent d’un des autres fondements de l’isolation acoustique : la désolidarisation des matériaux.

Afin d’éviter l’effet tambour dans la lame d’air créée entre deux parois, vous mettrez un élément absorbant (mou) acoustique si l’espace entre les deux parois est trop important.  Cet effet tambour variera en fonction du type de bruit, des parements et de leur espacement.

A ce stade, levons un malentendu. Cet élément absorbant, léger, mou, fibreux  est quant à lui transparent au bruit.  Ce n’est pas un isolant acoustique mais bien un absorbant qui combattra la résonance.

Comme nous l’avons déjà mentionné, on ne s’isole pas du bruit comme on s’isole du froid ! Cela implique un savoir-faire spécifique et des réflexes précis.

N’hésitez pas à vous informer utilement avant d’entamer vos réalisations.  Cela vous facilitera la vie !

En attendant, nous nous croiserons peut-être lors d’un prochain concert en train d’admirer un nouveau John Bohnam en pleine action !