Quelles différences entre l’isolation et la correction acoustique ?

Quelles différences entre l’isolation et la correction acoustique ?

Vous vous êtes certainement un jour trouvé lors d’une fête scolaire dans une salle où un brouhaha permanent rendait les conversations difficiles.

La cause de cet inconfort est la réverbération des sons sur les parois du local.

La solution passe par la correction acoustique de cette salle pour en modifier le cadre sonore afin de l’adapter à son activité spécifique.

Vous habitez un appartement où, certains soirs, lorsque vos voisins organisent une petite fête, vous avez peine à suivre votre émission à la télévision ?

La cause est la faiblesse de l’isolation acoustique des murs mitoyens.

La solution est l’amélioration de l’isolation acoustique des parois qui supprime ou atténue les bruits provenant de l’habitation mitoyenne.

La correction acoustique

La correction acoustique d’un local consiste à modifier la propagation des ondes sonores à l’intérieur du volume et à corriger l’enveloppe acoustique de ce local de manière à l’adapter à l’utilisation souhaitée.

L’onde sonore perçue par l’auditeur est en réalité multiple. Elle peut être décomposée en 3 types identifiables :

  • L’onde sonore directe va s’affaiblissant avec la distance qui sépare la source sonore de l’auditeur.
  • Les ondes réfléchies résultent de l’impact de l’onde directe diffractée sur les différentes parois du volume du local. Ces ondes réfléchies dépendent de la nature des matériaux constituant ces parois et de leur capacité d’absorption.
  • Les ondes réverbérées résultent des phénomènes d’écho flottant entre les parois parallèles du local. Elles décroissent à mesure des “réflexions” qu’elles subissent.

Les deux derniers types d’ondes sonores – réfléchies et réverbérées – sont décalés dans le temps par rapport à l’impact de l’onde directe.

À l’onde sonore directe se superposent donc plusieurs ondes sonores décalées, mais aussi transmuées, car ces différentes fréquences sonores ne subissent pas la même altération lors de leur réflexion ou réverbération.

Le temps de réverbération : définition

Le temps de réverbérationTr d’un local est un paramètre quantifiable.

En acoustique architecturale, c’est le temps mesuré en unité seconde que met un son à décroître de 60 dB.

Les valeurs optimales du temps de réverbération peuvent être définies pour chaque type de local :

  • Entre 0,4 et 0,8 seconde pour des salles d’enseignement, de musique, de réunion ou des salles à manger dont le volume est inférieur à 250 m³.
  • Entre 0,6 et 1,2 seconde pour ces mêmes salles d’un volume supérieur à 250 m³.

Ces valeurs optimales du temps de réverbération correspondent à la moyenne arithmétique des durées de réverbération dans les intervalles d’octave centrés sur 500, 1000 et 2000 Hz.

La correction de ce temps de réverbération permet concrètement :

  • D’améliorer l’intelligibilité des émissions vocales dans les salles de réunions, dans les théâtres, etc. ;
  • D’éviter l’effet de «brouhaha» dans les salles polyvalentes, halls d’expositions, piscines, salles de restaurants, etc. ;
  • D’assurer une qualité acoustique pour une diffusion de grande clarté dans les salles de concert ou studio d’écoute.
  • De diminuer le niveau sonore des bruits perturbateurs dans les circulations communes ;

Quels sont les matériaux acoustiques utilisables ?

Les matériaux poreux : mousses isolantes, matelas fibreux, etc.

Ces matériaux contiennent des cellules d’air communiquant entre elles.

La dissipation de l’énergie – le coefficient d’absorption – augmente en fonction de l’épaisseur du matériau utilisé.

Les diaphragmes : du type tissus …

Ce sont des membranes minces qui entrent en vibration et absorbent l’énergie dans leur fréquence de résonance.

Les diaphragmes, tissus  sont utilisés pour les fréquences relativement basses, tandis que les matériaux poreux sont plus économiques pour réduire les fréquences élevées.

L’isolation acoustique

L’isolation acoustique consiste à améliorer acoustiquement une paroi ou de construire une paroi séparative avec une valeur de l’isolation acoustique fonction de l’exigence du local.

On défini deux types de bruits : les bruits aériens et les bruits solidiens

Les bruits aériens sont des bruits qui sont générés par des sources qui n’ont aucun contact avec la structure du bâtiment. Les vibrations sonores naissent dans l’air et se propagent par voie aérienne (en utilisant l’air comme support) : ce sont les bruits de voix, télévision, téléphone, les bruits de trafic routier, etc…

Les bruits aériens se caractérisent par la lettre R et s’exprime en décibels, dB.

Plus R est élevé meilleure est l’isolation acoustique aux bruits aériens de la paroi.

Les bruits solidiens sont générés par des sources qui sont liées à la structure du bâtiment, ou qui la frappent.

On distingue deux types de bruits solidiens :

  1. les bruits de choc (ou bruits d’impact) : les vibrations prennent naissance à l’intérieur d’une matière solide, lors d’un choc (bruits de pas, chutes d’objets, chute d’eau dans une douche ou une baignoire, claquements de portes, etc…)
  1. les vibrations : la mise en vibration de la matière solide est provoquée et entretenue par une source électrique, mécanique ou hydraulique. C’est le cas des bruits d’équipements sanitaires, de chauffage, de ventilation, de climatisation, etc…

Les bruits d’équipements sont une combinaison de bruits aériens et solidiens : certaines vibrations sont transmises par la structure (murs, plafonds et sols) et d’autres par voie aérienne.

Les bruits d’impact se caractérisent par la lettre L et s’exprime en décibels, dB.

Plus L est bas meilleur est l’isolation aux bruits d’impact du plancher.